Ce travail est la continuité d’une action réalisée au ronchauxRoom à Besançon lors du vernissage de Méta-formes, une exposition collective dont je faisais partie. Dans le hall de la salle d’exposition, je photographiais les spectateurs qui le voulaient, avec un appareil photographique fujifilm type polaroid.

Ce qui m’intéressait avec le polaroid, c’est que c’est une image unique. Il n’y a pas de possibilité de reproduction à l’infini comme il est possible de le faire avec un négatif photographique ou plus récemment une photographie numérique. L’image polaroid, est directement fixée sur le papier photographique, sans processus intermédiaire qui permetterait sa reproduction.

Tandis que, après la prise de vue, le processus d’apparition de l’image sur le papier polaroid suivait son cours, je le filmais. À la fin de ce processus, le portrait photographique était restitué à son alter ego physique, qui conservait donc la preuve de sa présence ici et maintenant, ce 11 février 2014. Je détenais par contre, la preuve de cette preuve en image animée, en film.

Le travail présenté ici, est une installation vidéo dans laquelle, les personnes photographiées disparaissent, ainsi que le lieu dans lequel je les avais photographiées.
J’ai voulu utiliser la caractéristique principale du polaroïd, c’est à dire, l’apparition de l’image sur le papier photographique, pour ainsi l’inverser.
Le portrait disparait lentement, l’image devient de moins en moins perceptible pour laisser le papier photographique à nouveau vierge. Plus d’indice de présence de ces sujets.
Mais d’autres traces de vies sont maintenant visibles.



Série de douze vidéos
Durée 1,40 min / vidéo
2014



Portrait n°4



Portrait n°6



Portrait n°11





Vue de l'installation, ISBA Besançon, 2014