De la deuxième partie des années 1930 jusqu’à 1977, l’Espagne a connu les pages les plus sombres de son Histoire. La dictature.
La dictature franquiste, aidée par l’Église, ont séparé près de 30 000 enfants de leurs familles. Dans un souci d’eugénisme tordu, les enfants de dissidents étaient volés et replacés dans des familles pro-franco, et ainsi "rééduqués".
Jusque dans les années 1980, l’Église a continué ces vols d’enfants, dans les hôpitaux à leur naissance, aidée parfois par le corps médical. Mais cette fois dans un but lucratif. Un business humain en somme.

Je suis partie six mois en Espagne, à Valencia, dans l’optique de réaliser un travail plastique documentaire à partir de cette partie de l’Histoire espagnole, qui n’est pas si ancienne.
Échec. J’ai très vite compris que trop peu de gens étaient disposés à en parler. C’est encore tabou et beaucoup d’espagnols veulent oublier.
J’ai commencé, très vite, à observer mes voisins depuis mes fenêtres. Puis à les filmer, pour documenter. Garder une trace d’un instant de leur quotidien, en ayant toujours en tête que chacun d’eux pouvait être, d’une manière ou d’une autre, concerné par ce scandal des enfants volés.

Cette vidéo a été réalisée avec une jumelle tenue devant l’objectif de la camera. Un moyen peu confortable de filmer puisqu’il implique une position du corps particulière, afin d’avoir une tenue la plus sûre possible et de la caméra, et de la jumelle. Ce procédé de prise de vue rend l’image plus fragile, plus instable mais aussi plus intimiste. Il s’agissait d’être une sorte d’observatrice "clandestine" qui, tant bien que mal, capte un instant de vie.


Durée 6,59 min
Sans son
2013


.