Ma grand-mère s’appelle Jeannette.
Ma grand-mère tient un journal. C’est peut être un peu plus qu’un journal. Je vous explique.

Depuis 1985, alors agée de 55 ans, ma grand-mère écrit, tous les jours dans un agenda, à la page de la date du jour où elle écrit. Suis-je claire?
Elle écrit sa vie depuis le 8 janvier 1985 exactement, date de naissance de mon grand frère. Elle devenait alors grand-mère. Un pas dans une autre génération, un autre statut dans la société en somme.
La chute? Le besoin de ne pas perdre la mémoire.
Écrire sa vie, ses souvenirs, c’est comme classer des documents dans des dossiers bien rangés. Ou alors, c’est comme transférer ses documents sur un disque dur pour en garder une trace, on ne sait jamais... Ça les conserve, ils restent intacts, on les retrouve facilement.
Ma grand-mère fait de l’archive, tous les jours le même protocole.

À l’hiver 2012, j’ai décidé de la solliciter pour une série de lectures des ses carnets, que j’enregistrais.
Dans ce travail, elle n’y raconte pas ses souvenirs avec l’oralité à laquelle on pourrait s’attendre. Ils sont lus, datés même.
On oscille tantôt entre des descriptions de moments de vie banals, presque futiles, ce qui fait la beauté de l’instant vécu. Puisqu’il est ici mentionné, il a existé. Tantôt des faits d’actualité, de politique, ancrent cette vie dans une époque.

Cette pièce sonore est un témoignage d’une vie vécue, écrite, puis lue, puis enregistrée et enfin écoutée. Ces différentes étapes font sans cesse basculer le passé dans le présent.



Pièce sonore
Durée : 25,33 min
2012





Ma grand-mère s’appelle Jeannette.
Ma grand-mère tient un journal. C’est peut être un peu plus qu’un journal. Je vous explique.

Depuis 1985, alors agée de 55 ans, ma grand-mère écrit, tous les jours dans un agenda, à la page de la date du jour où elle écrit. Suis-je claire?
Elle écrit sa vie depuis le 8 janvier 1985 exactement, date de naissance de mon grand frère. Elle devenait alors grand-mère. Un pas dans une autre génération, un autre statut dans la société en somme.
La chute? Le besoin de ne pas perdre la mémoire.
Écrire sa vie, ses souvenirs, c’est comme classer des documents dans des dossiers bien rangés. Ou alors, c’est comme transférer ses documents sur un disque dur pour en garder une trace, on ne sait jamais... Ça les conserve, ils restent intacts, on les retrouve facilement.
Ma grand-mère fait de l’archive, tous les jours le même protocole.

À l’hiver 2012, j’ai décidé de la solliciter pour une série de lectures des ses carnets, que j’enregistrais.
Dans ce travail, elle n’y raconte pas ses souvenirs avec l’oralité à laquelle on pourrait s’attendre. Ils sont lus, datés même.
On oscille tantôt entre des descriptions de moments de vie banals, presque futiles, ce qui fait la beauté de l’instant vécu. Puisqu’il est ici mentionné, il a existé. Tantôt des faits d’actualité, de politique, ancrent cette vie dans une époque.

Cette pièce sonore est un témoignage d’une vie vécue, écrite, puis lue, puis enregistrée et enfin écoutée. Ces différentes étapes font sans cesse basculer le passé dans le présent.



Pièce sonore
Durée : 25,33 min
2012